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travers les projets qu’ils ont respectivement élaborés, le Mouvement
Républicain et Citoyen et le Parti Socialiste entendent définir
un programme de législature qui constitue une alternative durable à
une politique de la droite, faite d’acceptation d’une mondialisation sans règle
et de résignation devant le chômage de masse et ses conséquences,
d’injustice sociale, de démantèlement de nos industries, de liquidation
des services publics, d’abandon des principes républicains.
Ils
veulent réunir leurs efforts pour rassembler une majorité de Françaises
et de Français en 2007. Ils entendent réussir ensemble après
la victoire pour donner un sens à cette mondialisation et remettre la France
en marche. Le
Ps et le MRC se sont prononcés différemment lors du référendum
sur le Traité constitutionnel européen. Ils prennent acte du vote
des Français le 29 mai 2005, refusent toute ratification du texte rejeté
sauf introduction dans un simple traité institutionnel de dispositions
ne posant pas de problème de fond (ainsi la désignation d’un président
du Conseil européen pour deux ans et demi renouvelables) ou sur lesquelles
un accord entre partis pourra intervenir. Ils entendent construire l’avenir en
respectant cette volonté populaire. La
priorité sera donnée à la relance économique et à
la lutte contre le chômage
Le MRC et le PS entendent réorienter la construction européenne
pour la mettre au service de l’emploi et de la croissance concertée. Pour
cela ils proposent de réformer le pacte de stabilité pour en faire
un pacte de croissance, d’instituer un gouvernement économique de la zone
euro, capable de mettre en œuvre cette priorité à la croissance,
de réformer les statuts de la Banque centrale européenne pour inscrire
dans ses missions la recherche d’un haut niveau d’activité et d’emploi.
La lutte contre l’euro cher sera une de nos priorités.
Nous proposons un effort renouvelé en matière de recherche et en
matière d’innovation et d’impulser une politique industrielle capable de
relever les défis d’une économie mondialisée, spécialement
dans les secteurs vitaux et stratégiques. Il s’agira notamment de lutter
contre les OPA hostiles et de mieux maîtriser le capital de nos grandes
entreprises ; En matière énergétique, il sera indispensable
de faire face aux prix durablement élevés du pétrole et du
gaz en favorisant les énergies sans émission de gaz à effet
de serre parmi lesquelles l’énergie nucléaire domaine dans lequel
les atouts industriels exceptionnels de la France doivent être préservés,
le développement d’acteurs énergétiques publics puissants
capables d’assurer la sécurité de nos approvisionnements, ainsi
que les économies d’énergie.
Nous agirons pour changer les règles de l’OMC, exiger des normes sociales
et environnementales, lutter concrètement contre les délocalisations
et les destructions massives d’emplois, en protégeant l’industrie européenne
et en renforçant le tarif extérieur commun par une clause antidumping
social.
La relance de la croissance suppose d’augmenter le pouvoir d’achat, de revaloriser
le travail et notamment les bas salaires et d’élever les taux d’activité
dans notre pays. Cette exigence appellera une réforme du financement de
la protection sociale notamment par transfert d’une partie des cotisations patronales
sur la valeur ajoutée de l’entreprise et par contribution accrue des revenus
du capital au financement de la protection sociale.
Nous agirons pour préserver les services publics de la frénésie
de libéralisation qui les détruit ou les menace, pour la maîtrise
publique des énergéticiens nationaux, pour que de nouveaux services
publics apportent des réponses aux besoins de nos concitoyens. Relever
la République sera notre ambition Nous
entendons renouer avec le projet égalitaire et émancipateur de la
République. Pour cela nous voulons mettre un terme à l’affaissement
de l’Etat pour moderniser et en faire l’instrument par lequel le bien commun s’affirme
par dessus les intérêts particuliers. La décentralisation
doit cesser d’être opposée à l’Etat et doit respecter la solidarité
nationale. Une vigoureuse politique d’aménagement du territoire est indispensable
pour repenser la politique de la ville, l’action en faveur du logement, la politique
d’aménagement rural. L’idéal
de la citoyenneté passe par une claire définition des missions de
l’Ecole pour qu’elle soit capable de relever les défis de la démocratisation,
de garantir l’apprentissage des savoirs fondamentaux par tous, de promouvoir tous
les talents et de former des citoyens ; La rénovation de l’Université
sera une priorité. Plus que jamais dans la mondialisation nous devons faire
le pari de l’intelligence. Par
ailleurs un service civique court d’une dizaine de semaines, éventuellement
fractionné, pourrait à la fois créer un lien social indispensable
et répondre aux besoins de la nation, dans le domaine civil comme dans
celui de la défense et pouvant notamment ouvrir sur des formules de volontariat
service long. L’égal
accès à la citoyenneté est un enjeu majeur : aux jeunes issus
de l’immigration, aux jeunes stigmatisés par leur quartier de résidence
ou leur couleur de peau, nous devons tenir la promesse républicaine d’égalité.
La France pourra demeurer une terre d’immigration à condition que soit
affirmée la finalité de l’intégration à la République
et que soit mise en œuvre une vigoureuse politique de co-développement
avec les pays d’origine. La
laïcité, constitutive de la citoyenneté, est le meilleur moyen
de briser l’enfermement dans le communautarisme. La France est un pays de citoyens
égaux en droits et en devoirs indépendamment de leur origine ou
de leurs convictions philosophiques ou religieuses. La République est le
cadre dans lequel les citoyens s‘expriment en Corse comme ailleurs sur le territoire
national. Le choix des électeurs de Corse exprimé par le référendum
insulaire du 6 juillet 2003 sera respecté. L’exigence
de citoyenneté porte en elle le droit, égal pour tous, à
la sûreté. Nous n’opposerons pas la prévention à la
sanction, mais nous voulons articuler ces deux dimensions de l’action : prévention
précoce, police de proximité, liaison police-gendarmerie-justice,
efficacité de la justice. Ni angélisme ni démagogie sécuritaire
: nous remplirons notre devoir d’assurer la sécurité à tous,
et spécialement aux plus modestes qui sont souvent les plus exposés
à la délinquance. Dans
le domaine des institutions, le rôle du Parlement qui contrôle le
gouvernement et vote la loi doit être renforcé et, dès lors
que la stabilité de l’exécutif sera assurée par un gouvernement
procédant du Président de la République et présentant
chaque année son programme de travail devant le Parlement. Une dose de
proportionnelle, sur des listes nationales en complément des candidatures
de circonscription, sera alors introduite dans le mode de scrutin législatif. La
France doit faire entendre sa voix en Europe et dans le monde En
Europe, une relance sera proposée à nos partenaires, fondée
sur une action concertée de retour à la croissance (gouvernement
économique de la zone euro, réforme de la BCE et du pacte de stabilité).
Si des avancées institutionnelles sont possibles en accord avec nos partenaires,
elles feront l’objet d’un traité institutionnel soumis à référendum
mais qui ne saurait en aucun cas prévaloir sur la constitution nationale. Les
délégations de compétences sont utiles lorsqu’elles multiplient
les capacités d’actions ; elles doivent demeurer démocratiquement
contrôlées. De même nous proposerons de simplifier la procédure
des coopérations renforcées, capables de porter des projets concrets
en Europe et de mettre en œuvre ces projets à côté des traités.
Nous proposerons une active politique de partenariat en Méditerranée
et en direction de la Russie pour garantir le développement et la paix
sur notre continent et dans ses approches. En
matière de défense, l’effort doit être recentré sur
les missions de défense et non sur la fourniture de contingents pour opérations
extérieures souvent à la remorque des Etats-Unis. L’indépendance
de notre défense, dont le noyau reste la dissuasion, est un atout pour
construire en Europe un acteur stratégique indépendant dans un monde
que nous voulons multipolaire et rééquilibré. Nous sommes
les alliés des Etats-Unis, nous ne sommes pas leurs vassaux. Le
message de la France républicaine doit être porté avec force
par la gauche : le libre-échangisme dogmatique ne résout pas les
problèmes du développement et de la faim. Ce n’est pas le choc des
civilisations qui vaincra la violence, mais le souci de la justice et la coopération
Nord-Sud, notamment avec les pays d’Afrique. Le co-développement est notre
horizon : effacement de la dette, relèvement de l’aide publique au développement,
taxation des mouvements de capitaux spéculatifs, fonds structurels mondiaux,
réforme du FMI et de l’OMC, organisation de flux temporaires de migration
du travail. La vie internationale doit être régie par le droit. La
justice internationale, telle qu’elle est élaborée notamment par
le Conseil de sécurité de l’ONU, ne doit pas être une justice
à deux vitesses. La
France a de nombreux atouts. C’est un grand pays fier du message universel dont
la Révolution de 1789 a posé les principes. Elle dispose d’immenses
ressources pour relever les défis de l’avenir dès lors qu’on fait
appel au courage, à la volonté et à l’intelligence civique.
Refonder la République et retrouver la confiance des citoyens : telle est
la grande ambition collective que nous proposons à la gauche pour remettre
la France en marche. |