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Allocution
de Liliane Capelle Monsieur le Maire, Mes chers collègues,
Nous avons déposé ce vœu la semaine dernière
en réaction aux informations d'une privatisation partielle imminente de
la Semmaris, société d'exploitation du marché de Rungis.
Mon groupe était déjà intervenu il y a un an pour alerter
le Conseil de Paris des risques que représentait cette privatisation.
Vendredi dernier, le gouvernement a annoncé son intention de céder
à Altarea 33,34% des parts de la Semmaris, ce qui ferait d'Alatrea le détenteur
d'une minorité de blocage et le premier actionnaire de la Semmaris. Cette
opération consisterait en partie en une augmentation de capital qui diluerait
le poids de Paris dans la Semmaris. Notre participation passerait de 16,5% à
12,8%. Nous retirerons donc notre vœu, qui n'est désormais plus
tout à fait d'actualité. Nous ne souhaitons néanmoins pas
en rester là car Rungis représente un enjeu essentiel pour Paris.
Il est une clé de la sécurité alimentaire des Parisiens.
Il est indispensable aux commerces de proximité, ces commerces qui nous
préoccupent tous dans cette assemblée. L'opacité
dans laquelle le gouvernement a conçu son opération financière,
l'absence de concertation avec les actionnaires minoritaires, justifient une réaction
forte de Paris. De par son métier d'origine, la gestion de centres
commerciaux, la société Altarea est étrangère au commerce
de gros de produits frais. Elle n'a même pas rendu public son projet de
développement pour Rungis. Altarea et le P-DG de la Semmaris doivent rendre
des comptes à Paris sur leurs projets ! En outre, l'économie
du commerce alimentaire de proximité est en cours de bouleversement. Fait
rare, le gouvernement a autorisé le grossiste allemand Metro à s'implanter
sur 3 000 m² dans le XVIIIe arrondissement. Tout cela se fait sans
stratégie d'ensemble. Nous naviguons à vue ! Il est temps qu'une
réflexion soit menée sur la place du grand commerce et du petit
commerce dans l'agglomération parisienne. C'était le sens d'une
observation portée à l'avis du Conseil de Paris sur le SDRIF.
Concrétisons-la avec les collectivités franciliennes, l'Etat
et les acteurs concernés. Il serait de bonne méthode d'attendre
les conclusions de cette réflexion avant de privatiser la Semmaris. L'Etat
devrait surseoir à sa décision.
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