Allocution de Liliane Capelle
Monsieur le Maire, Mes chers collègues, Le gouvernement
s'est fait très pressant ces dernières semaines pour tenir l'engagement
du Président de la République de vendre chaque année 40 000
logements sociaux à leurs occupants. Cette mesure relève
de la posture idéologique. Je n'ai rien contre l'idée que davantage
de Français accèdent à la propriété de leur
logement. Au contraire, notre municipalité a montré à Paris
son attachement à l'accès à la propriété. C'est
tout l'objet du Prêt Paris Logement 0%. Mais l'enjeu n'est pas
là. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est construire plus de logements pour
satisfaire les besoins et pour faire baisser les prix. Or la vente des
logements sociaux n'accélèrera pas, à Paris et en Ile de
France, la construction de logements. La production francilienne de logement ne
se heurte pas tant au besoin de fonds propre des bailleurs sociaux qu'à
des difficultés plus structurelles : la pénurie du foncier, la complexité
des problématiques d'aménagement urbain, le coût, pour les
communes à faibles ressources, des services publics qui doivent accompagner
les nouveaux logements. La vente de logements sociaux ne résoudra
donc pas la crise du logement. Au contraire, elle l'aggravera. On ne peut pas
vendre des logements sociaux alors que 110 000 personnes attendent d'en obtenir
un à Paris. On ne peut pas vendre des logements sociaux alors que Paris
a financé près de 30 000 logements sociaux depuis 2001 pour atteindre
l'objectif de la loi SRU. Alors je ne serai pas plus longue. Je félicite
Jean-Yves Mano pour la position qu'il a défendue au congrès de l'Union
Social de l'Habitat. Je souhaiterais que notre assemblée s'oppose, pour
Paris, au projet gouvernemental de vente du parc social. Je souhaiterais aussi
que Paris étudie tous les moyens juridiques de protéger d'une future
vente les logements sociaux qu'elle contribue à financer, y compris ceux
des sociétés anonymes de HLM.
|