| MRC
PARIS | MANDATURE
2001 - 2008 | | CONSEIL
DE PARIS | | Intervention
de | Marinette
Bache | | Sujet
: |
-
Rentrée scolaire DASCO 2007-161 |
| Date
: | 1er
et 2 octobre 2007 | Allocution
de Marinette Bache Monsieur le Maire, Mes chers collègues,
En matière éducative aussi nous arrivons à l'heure
des bilans. Et comment vous cacher la satisfaction des élus du Mouvement
républicain et citoyen au regard du chemin parcouru par depuis 2001. Rappelez-vous
la situation catastrophique dont notre municipalité a hérité
à l'époque. Le patrimoine scolaire était délabré,
le secteur périscolaire en morceaux, les collèges littéralement
oubliés et je ne noircis même pas le tableau. A l'évidence,
une action soutenue était devenue indispensable pour replacer l'éducation
au cœur des priorités parisiennes. Cette priorité à l'éducation
vous l'avez imprimée, avec votre adjoint à la vie scolaire, Eric
Ferrand, dans un projet volontariste et partagé par les acteurs parisiens
du monde éducatif. Ce projet vous l'avez construit autour de la réussite
scolaire de tous, de l'égalité des chances et de la formation des
futurs citoyens. Aujourd'hui la mandature se conclut par des résultats
dont nous pouvons être fiers et le vote à l'unanimité de la
charte éducative au mois de juin est venu parachever ce bilan. La
rentrée scolaire 2007 a donc pu se dérouler dans des conditions
tout à fait favorables. Et cela parce que Paris est aujourd'hui doté
d'un projet éducatif cohérent et efficace. Il faut tout
de même revenir sur les principales réalisations de cette mandature
éducative. D'abord il fallait moderniser le patrimoine, le cadre
de vie scolaire, pour mieux apprendre. 28 écoles neuves, 66 écoles
rénovées, plus de 8000 opérations de travaux de sécurité
et de confort : ces chiffres sont éloquents. Il fallait mieux
assurer la gratuité scolaire ce qui a constitué une part importante
de l'investissement de la ville, en augmentation de près de 40%, avec l'effort
porté en priorité aux élèves des ZEP et aux élèves
handicapés. Il fallait également redonner aux personnels
qui accompagnent les enseignants dans leurs missions, les moyens de faire leur
travail, en luttant notamment contre l'emploi précaire, en dotant chaque
classe de petite section de maternelle d'une ASEM comme vous l'avez fait par exemple.
Et ce point est essentiel si l'on veut maintenir l'école maternelle
dans ses missions, et non pas la remplacer par la garderie jusqu'à 5ans
comme une partie de la droite le souhaite vivement depuis plusieurs années.
Près de 900 postes d'ASEM ont été créés,
à rebours des politiques nationales qui n'ont cessé depuis 2002
de pratiquer des coupes claires, de supprimer des postes d'enseignants et de repousser
l'âge d'entrée en maternelle au-delà de 3 ans. La
politique de recrutement de la ville a également permis d'améliorer
l'accueil des enfants handicapés, dans un contexte particulièrement
difficile pour les familles. Beaucoup de travail reste à faire pour assurer
par exemple un nombre suffisant d'assistants de vie scolaire aux statuts précaires
et trop souvent insuffisamment formés. Je voudrais m'arrêter
sur cette question car le retard de notre pays est considérable. Et il
faut donc souligner le travail engagé par la ville, avant même la
loi de 2005, en faveur d'une politique volontaire qui passe par l'accessibilité
des établissements scolaires - et d'ici fin 2008, 120 écoles seront
rendues accessibles aux enfants handicapés ; une politique volontaire qui
passe également par la création de centres de loisirs en capacité
d'accueillir ces enfants. C'est dans le 18ème arrondissement que s'ouvre
à l'occasion de cette rentrée le 4ème centre de loisirs spécialisé
accueillant à parité des enfants handicapés et des enfants
valides. L'autre chantier de la mandature en matière éducative
aura été la refondation du secteur périscolaire. Le plan
qualité périscolaire lancé en 2002 et doté de 10 Millions
d'Euros a permis d'améliorer concrètement l'encadrement et les conditions
d'accueil des enfants dans le cadre d'animations éducatives diversifiées.
Les familles parisiennes ont exprimé leur satisfaction à l'occasion
d'enquêtes d'opinion et apprécient réellement la prise en
compte éducative, par la ville, du temps extrascolaire. Je ne
serais probablement pas exhaustive mais il faut citer l'effort mené en
manière d'accompagnement scolaire, les " clubs coup de pouce "
et les ateliers " Lecture, Ecriture, Mathématique ". Ils concernent
aujourd'hui 1500 élèves. Il faut citer également les espaces
premiers livres en maternelle, 205 ouverts aujourd'hui ; les ateliers bleus (251
nouveaux ateliers ont été mis en place depuis 2001); les séjours
de vacances " arc en ciel " et la création depuis 2001 de 2 500
places supplémentaires ou la création de 1000 places supplémentaires
en " séjours aventure " organisés par les centres de loisirs.
Il faut citer également la hausse de fréquentation des
centres de loisirs, plus 16% depuis 2001, qui confirme là une adhésion
forte des familles aux dispositifs périscolaires proposés par la
ville. Il faut citer les ateliers gratuits des samedis matin sans classe qui ont
répondu aux besoins d'enfants qui, pour une part d'entre eux, n'ont pas
facilement accès à ces activités variées d'expression,
de création ou d'animations sportives. Sans jamais empiéter
sur les prérogatives de l'éducation nationale, la ville a su construire
un projet éducatif structuré et diversifié, qui réponde
à cet indispensable enjeu, en démocratie, de conjuguer la question
scolaire et la question sociale. Paris diversifie son offre éducative,
la majorité gouvernementale depuis 5 ans n'a de cesse de la restreindre.
Et de ce point de vue, le vent conservateur, le vent malthusien qui souffle sur
l'école assombrit son avenir. Les suppressions de postes d'enseignants
par dizaines de millier, les suppressions d'heures de cours par milliers, la suppression
de la carte scolaire ; demain les suppressions de filières au Bac ou encore
l'instauration de la semaine de 4 jours. Toutes ces annonces vont dans le même
sens. Elles poursuivent un seul objectif et, cet objectif est comptable. Il n'est
pas éducatif. Il n'a rien à voir avec l'éducation. Derrière
la frénésie de rapports et de réformes, derrière ce
rideau de fumée, il y a le degré zéro de la pensée
éducative et le renoncement à la promesse d'égalité
de tous dans l'accès au savoir. L'éducation est toujours
un pari pris sur l'avenir. Donner les moyens à des enfants issus de milieux
défavorisés d'échapper à des destins sociaux pré-dessinés,
c'est s'engager sur des bénéfices sociaux qui 20 ans plus tard excéderont
largement le coût des investissements. C'est le sens de la politique conduite
par votre majorité. Monsieur le Maire, c'est une politique éducative
qui voit au-delà des échéances comptables, qui voit loin
et qui voit juste. Je vous remercie. |
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