Monsieur le Maire, chers collègues,
Rien appris, rien oublié. Comme s'ils n'avaient rien compris des causes qui nous ont enfoncés dans la crise à travers le monde, et plus particulièrement en Europe, les chefs d'Etat réunis à Toronto la semaine dernière au G20, ont confirmé leur enlisement dans l'ornière libre-échangiste ; ils n'ont pas réussi à faire bouger le curseur monétaire, notamment vis-à-vis de la Chine ; et, pour plomber plus encore notre économie, ils ont entériné un virage d'austérité budgétaire qui ne peut que rimer avec recul de la puissance publique, et aggravation procyclique de la crise.
Si bien qu'on peut féliciter le Directeur Général du FMI pour son humour, lui qui a salué, j'espère dans un éclat de rire ironique, je le cite : "les mesures adoptées par le G20 pour entretenir la reprise économique mondiale et jeter les bases d'une croissance forte, durable et équilibrée". Amen.
L'Allemagne a donné le ton de ce G20, et donne le ton de la politique européenne. Derrière elle, Nicolas Sarkozy saute dans le piège à pieds joints, en annonçant un tour de vis de rigueur budgétaire sans précédent. Le pacte de stabilité budgétaire, funeste héritage du traité de Maastricht, qu'on croyait enfin aux oubliettes de l'histoire néo-libérale, revient paralyser l'action publique.
Les mesures de pacotilles occupent le devant de la scène : une grosse berline en moins par ci par là, un ou deux Ministres démissionnés pour avoir eu la voltige coûteuse, ou encore parce que le tabac tue, même en politique...
Mais la réalité de la politique d'austérité budgétaire, c'est celle dont on ne parle pas. On annonce déjà cent mille postes de fonctionnaires supprimés d'ici 2013. Affaibli, l'Etat ne s'en défaussera que plus sur les collectivités territoriales. Il en va de même pour les programmes co-financés, qui sont toujours les premières cibles des coupes budgétaires. Quant aux transferts de charges, chacun s'attend à ce qu'ils soient moins compensés que jamais.
En somme, d'une part, les néo-libéraux qui nous gouvernent vont plomber la croissance économique et mettre l'Etat aux abonnés absents. Paris, grande métropole économique en France, en Europe et dans le monde, ne peut que voir son activité affectée par cette politique.
D'autre part, notre collectivité, quant à elle, devra faire plus (puisqu'il faudra panser les maux de la crise entretenue du néo-libéralisme, et supporter la défausse de l'Etat), et faire plus avec moins (puisque l'Etat abandonnera encore un peu plus les collectivités territoriales).
Dans ce contexte, Monsieur le Maire de Paris, quelles sont les réponses volontaristes que vous préparez, et que les citoyens attendent de notre municipalité progressiste ? Je vous remercie.
Rien appris, rien oublié. Comme s'ils n'avaient rien compris des causes qui nous ont enfoncés dans la crise à travers le monde, et plus particulièrement en Europe, les chefs d'Etat réunis à Toronto la semaine dernière au G20, ont confirmé leur enlisement dans l'ornière libre-échangiste ; ils n'ont pas réussi à faire bouger le curseur monétaire, notamment vis-à-vis de la Chine ; et, pour plomber plus encore notre économie, ils ont entériné un virage d'austérité budgétaire qui ne peut que rimer avec recul de la puissance publique, et aggravation procyclique de la crise.
Si bien qu'on peut féliciter le Directeur Général du FMI pour son humour, lui qui a salué, j'espère dans un éclat de rire ironique, je le cite : "les mesures adoptées par le G20 pour entretenir la reprise économique mondiale et jeter les bases d'une croissance forte, durable et équilibrée". Amen.
L'Allemagne a donné le ton de ce G20, et donne le ton de la politique européenne. Derrière elle, Nicolas Sarkozy saute dans le piège à pieds joints, en annonçant un tour de vis de rigueur budgétaire sans précédent. Le pacte de stabilité budgétaire, funeste héritage du traité de Maastricht, qu'on croyait enfin aux oubliettes de l'histoire néo-libérale, revient paralyser l'action publique.
Les mesures de pacotilles occupent le devant de la scène : une grosse berline en moins par ci par là, un ou deux Ministres démissionnés pour avoir eu la voltige coûteuse, ou encore parce que le tabac tue, même en politique...
Mais la réalité de la politique d'austérité budgétaire, c'est celle dont on ne parle pas. On annonce déjà cent mille postes de fonctionnaires supprimés d'ici 2013. Affaibli, l'Etat ne s'en défaussera que plus sur les collectivités territoriales. Il en va de même pour les programmes co-financés, qui sont toujours les premières cibles des coupes budgétaires. Quant aux transferts de charges, chacun s'attend à ce qu'ils soient moins compensés que jamais.
En somme, d'une part, les néo-libéraux qui nous gouvernent vont plomber la croissance économique et mettre l'Etat aux abonnés absents. Paris, grande métropole économique en France, en Europe et dans le monde, ne peut que voir son activité affectée par cette politique.
D'autre part, notre collectivité, quant à elle, devra faire plus (puisqu'il faudra panser les maux de la crise entretenue du néo-libéralisme, et supporter la défausse de l'Etat), et faire plus avec moins (puisque l'Etat abandonnera encore un peu plus les collectivités territoriales).
Dans ce contexte, Monsieur le Maire de Paris, quelles sont les réponses volontaristes que vous préparez, et que les citoyens attendent de notre municipalité progressiste ? Je vous remercie.
Europe et euro : un divorce annoncé, désormais inéluctable
* Avocat à la Cour, Docteur d’Etat en sciences économiques
Ainsi donc, il aura fallu a l’Etat français emprunter 35 milliards d’euros sur les marchés financiers au titre du grand emprunt Sarkozy de septembre 2009 pour qu’il ait à contribuer à raison de 26 milliards d’euros six mois plus tard au financement de la dette publique grecque. Ce serait risible si ce n’était consternant.
Que n’a-t-on entendu depuis plus de dix ans d’éloges en tous genres de l’euro, nouvelle monnaie. Elle devait apporter la croissance, la stabilité financière et la fin du chômage, le tout sous l’autorité tutélaire d’un organisme non élu, la BCE. Reste à dresser à ce jour le constat d’autant d’annonces optimistes faites à des populations récalcitrantes.
Ainsi donc, il aura fallu a l’Etat français emprunter 35 milliards d’euros sur les marchés financiers au titre du grand emprunt Sarkozy de septembre 2009 pour qu’il ait à contribuer à raison de 26 milliards d’euros six mois plus tard au financement de la dette publique grecque. Ce serait risible si ce n’était consternant.
Que n’a-t-on entendu depuis plus de dix ans d’éloges en tous genres de l’euro, nouvelle monnaie. Elle devait apporter la croissance, la stabilité financière et la fin du chômage, le tout sous l’autorité tutélaire d’un organisme non élu, la BCE. Reste à dresser à ce jour le constat d’autant d’annonces optimistes faites à des populations récalcitrantes.
Gouvernance européenne et légalité
* Avocat à la Cour.
Pour ne pas s’interroger sur les sources conceptuelles et fondamentales de la dérive de l’euro ni sur ses conséquences, les autorités de l’U.E. invoquent, pour en rendre compte et s’en justifier, d’autres circonstances, dont celles d’un défaut de moyens, et la nécessité pour y pourvoir d’user de voies nouvelles : celles de la gouvernance.
Pour ne pas s’interroger sur les sources conceptuelles et fondamentales de la dérive de l’euro ni sur ses conséquences, les autorités de l’U.E. invoquent, pour en rendre compte et s’en justifier, d’autres circonstances, dont celles d’un défaut de moyens, et la nécessité pour y pourvoir d’user de voies nouvelles : celles de la gouvernance.
Question d’actualité de Georges Sarre, Ancien Ministre, membre honoraire du Parlement,
Conseiller de Paris MRC (non inscrit à un groupe) - Conseil de Paris des 10 et 11 mai 2010
Question de Georges Sarre
Monsieur le Maire, chers collègues,
Paris est la capitale de la France. Ce rappel presque tautologique énonce un rôle particulier pour notre ville, donc notre collectivité.
Si, comme le disait De Gaulle, « il existe un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde », alors ce pacte existe entre Paris et le monde, a fortiori entre Paris et l’Europe.
Hier, le 9 mai, notre collectivité célébrait le rêve européen, selon les uns, le mythe européiste, selon les autres. Aujourd’hui, on ne peut pas s’affranchir de regarder en face la réalité européenne.
Une digue a dû être érigée hier face au tsunami spéculatif contre l’euro, tant sont béantes les fissures d’un édifice européen bâti cul par-dessus tête, sans les peuples, voire contre eux.
Ceux qui voulaient faire porter aux seuls Grecs la responsabilité de la crise qui les frappe, sont ainsi démentis par l’ampleur européenne du coup de semonce.
"Le peuple grec se sent humilié, victime d'une injustice flagrante ; on les accuse de tous les maux : fainéants, fraudeurs, irresponsables..." a déclaré mon ami Costa-Gavras.
Il faut réparer ce sentiment d’humiliation. Il faut redoubler de fraternité avec le peuple grec. Parce que c’est un peuple frère, comme tous les peuples, et de surcroît le dépositaire d’une part considérable de notre civilisation. La sensibilité, l’imaginaire du peuple français, et de nos voisins, sont nourris de mythes grecs : Ulysse, Thésée, Œdipe…
La bravoure grecque est continue à travers les âges, depuis Léonidas et ses 300 Spartiates, jusqu’à la résistance héroïque des Grecs en 1940, qui, six fois moins nombreux que les Italiens, repoussèrent pourtant les légions mussoliniennes…
Et l’héritage culturel contemporain : Manos Hadjidakis, Katina Paxinou, Irène Pappas, Melina Mercouri, Maria Callas !
Alors quoi, Paris, la ville lumière, la capitale politique et culturelle de la France, resterait muette au cri de douleur du peuple grec ?
Monsieur le Maire, chers collègues,
Paris est la capitale de la France. Ce rappel presque tautologique énonce un rôle particulier pour notre ville, donc notre collectivité.
Si, comme le disait De Gaulle, « il existe un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde », alors ce pacte existe entre Paris et le monde, a fortiori entre Paris et l’Europe.
Hier, le 9 mai, notre collectivité célébrait le rêve européen, selon les uns, le mythe européiste, selon les autres. Aujourd’hui, on ne peut pas s’affranchir de regarder en face la réalité européenne.
Une digue a dû être érigée hier face au tsunami spéculatif contre l’euro, tant sont béantes les fissures d’un édifice européen bâti cul par-dessus tête, sans les peuples, voire contre eux.
Ceux qui voulaient faire porter aux seuls Grecs la responsabilité de la crise qui les frappe, sont ainsi démentis par l’ampleur européenne du coup de semonce.
"Le peuple grec se sent humilié, victime d'une injustice flagrante ; on les accuse de tous les maux : fainéants, fraudeurs, irresponsables..." a déclaré mon ami Costa-Gavras.
Il faut réparer ce sentiment d’humiliation. Il faut redoubler de fraternité avec le peuple grec. Parce que c’est un peuple frère, comme tous les peuples, et de surcroît le dépositaire d’une part considérable de notre civilisation. La sensibilité, l’imaginaire du peuple français, et de nos voisins, sont nourris de mythes grecs : Ulysse, Thésée, Œdipe…
La bravoure grecque est continue à travers les âges, depuis Léonidas et ses 300 Spartiates, jusqu’à la résistance héroïque des Grecs en 1940, qui, six fois moins nombreux que les Italiens, repoussèrent pourtant les légions mussoliniennes…
Et l’héritage culturel contemporain : Manos Hadjidakis, Katina Paxinou, Irène Pappas, Melina Mercouri, Maria Callas !
Alors quoi, Paris, la ville lumière, la capitale politique et culturelle de la France, resterait muette au cri de douleur du peuple grec ?
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