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Dépêche Associated Press


Politique
Débat sur l'identité nationale: "fin d'un fiasco annoncé", dénonce l'opposition
AP | 09.02.2010 | 01:01
Le Parti socialiste a ironisé lundi sur les "mesurettes" dont a accouché le séminaire gouvernemental organisé à Matignon pour clore la première "étape" du débat sur l'identité nationale.

Pour le PS, Harlem Désir, secrétaire national à la coordination, a estimé que ce séminaire marquait la "fin d'un fiasco annoncé", dénonçant "des mesurettes pour faire croire que tout cela a servi à quelque chose".

"En fait, le gouvernement a décidé d'enterrer le débat sur l'identité nationale", a déclaré M. Désir dans un communiqué. "Il était temps. Mais il aurait mieux fait de ne jamais l'ouvrir. Car, dans l'intervalle, c'est la cohésion nationale qui a été fragilisée pour des raisons politiciennes."

Pour les députés PS Jack Lang et George Pau-Langevin, "la montagne a accouché d'une souris". Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, reproche au gouvernement d'avoir "renvoyé, à l'intérieur comme à l'extérieur, l'image d'une nation qui n'assume pas sa diversité alors même que sa réalité est à l'inverse".

Plus nuancé, le député socialiste Pierre Moscovici juge que les mesures annoncées "ne vont pas dans le mauvais sens, mais effectivement ce sont des mesurettes". Et d'ajouter sur LCI: "C'est un aveu d'échec. C'est un désaveu aussi pour (le ministre de l'Immigration) Eric Besson et, derrière lui, pour le président de la République qui a eu cette idée-là, qui a tenté de diviser les Français, qui a tenté de les opposer aux immigrés, et qui n'a pas réussi".

Pour le PCF, Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, a dénoncé une "opération nauséabonde" qui "a libéré la parole raciste et xénophobe jusqu'au plus haut niveau de l'Etat" et réclamé la dissolution d'urgence du ministère de l'identité nationale "dont l'existence même est un appel au rejet de l'autre, aux discriminations à l'encontre des populations d'origine étrangère et à la xénophobie".

Jean-Luc Mélenchon, président du Parti du gauche, a poussé un "ouf, bon débarras!" de soulagement. Et de trancher la question au coeur du débat: "Est Français celui qui a une carte d'identité française", a-t-il résumé sur France-Info. "Tout le reste, c'était du bavardage qui était destiné à un racolage électoral sur le Front national".

Pour Georges Sarre, secrétaire national du Mouvement républicain et citoyen, "Aujourd'hui, le gouvernement et François Fillon ont fait une opération 'sauver Willy', en l'espèce 'sauver Besson'. Mais ce pseudo-débat sur l'identité nationale reste une vaste supercherie."

"C'est une manipulation électoraliste, tout le monde l'a compris, à la veille des régionales, pour faire main basse sur l'électorat du Front National", selon le maire-adjoint de Paris.


AP
Georges SARRE invité ce soir (lundi 8 février) de RFI, à 18h50
pour réagir aux annonces de François FILLON sur ce que la Droite appelle "l'identité nationale", et que Georges SARRE appelle "le projet France", ou tout simplement "la République"...

RFI à Paris, c'est sur 89 FM.

Georges SARRE a publié dans Le Monde en réponse à Nicolas SARKOZY, la tribune : "Identité = Souveraineté", que vous pouvez relire en cliquant ici.

Tribune de Georges SARRE


Identité = Souveraineté
Dans la République, l’identité nationale se confond avec la citoyenneté, impliquant l’exercice en commun de la souveraineté. Si celle-ci est ignorée, livrée à quelque instance supranationale, si donc la nationalité est déconnectée de la citoyenneté, il ne reste plus que l’ethnicité. Voilà pourquoi le débat sur l’identité nationale, proposé par le président de la République, piège tous ceux qui acceptent le traité de Lisbonne, et par-là même atteint son objectif premier, son objectif politicien. Mais voilà aussi pourquoi ce débat peut se retourner contre son initiateur, si les républicains sont suffisamment forts pour y faire entendre la conception française de la nation, pour isoler les quelques tenants de la conception allemande, qui se situent à l’extrême-droite de l’éventail politique.